La récidive, un terme désignant la répétition d'une infraction par une personne déjà condamnée, représente un défi majeur pour la société. Elle mine la sécurité publique, engendre des coûts économiques et sociaux significatifs, et affecte profondément les victimes et les communautés. Les statistiques révèlent une réalité préoccupante: environ 60% des personnes libérées de prison en France récidivent dans les cinq ans suivant leur libération. Ce chiffre alarmant souligne l'urgence d'adopter des stratégies de prévention efficaces pour briser ce cycle et favoriser la réinsertion durable des individus. La complexité du phénomène exige une approche globale et multidimensionnelle, mobilisant divers acteurs et ressources, des services pénitentiaires aux associations de soutien, en passant par les professionnels de la santé mentale et les employeurs.
La prévention des récidives est un enjeu crucial non seulement pour la sécurité de la société, mais aussi pour offrir une seconde chance aux individus ayant commis des infractions et leur permettre de se réintégrer pleinement dans la société. Il est donc impératif de comprendre les causes profondes de la récidive, d'identifier les facteurs de risque et de mettre en œuvre des programmes de réhabilitation adaptés, axés sur la réinsertion sociale et professionnelle. Ces programmes doivent prendre en compte les besoins spécifiques de chaque individu, en tenant compte de leur parcours de vie, de leurs difficultés et de leurs aspirations. L'objectif ultime est de créer une société plus juste et plus sûre pour tous, où la réinsertion est une réalité et non un simple vœu pieux. En 2023, le coût estimé de la récidive en France dépassait les 4 milliards d'euros.
Comprendre les causes de la récidive (analyser les facteurs de risque et les freins à la réinsertion)
La récidive est rarement le fruit du hasard ou d'une simple "mauvaise volonté". Elle est plutôt le résultat d'une combinaison complexe de facteurs individuels, sociaux, environnementaux et systémiques, qui interagissent de manière complexe. Comprendre ces facteurs est essentiel pour mettre en place des stratégies de prévention efficaces, ciblées et adaptées. L'analyse des causes permet de cibler les interventions, d'adapter les programmes de réhabilitation aux besoins spécifiques des individus et d'identifier les freins à la réinsertion, qu'ils soient liés à des problèmes de santé mentale, à un manque de formation ou à des discriminations. Il est donc important d'avoir une vision claire de ces éléments pour agir de manière pertinente et efficace, en s'appuyant sur des données probantes et des recherches rigoureuses.
Facteurs individuels (troubles, antécédents et compétences)
Les facteurs individuels jouent un rôle important dans la probabilité de récidive, mais ils ne sont pas les seuls en cause. Ils englobent un large éventail de caractéristiques personnelles, allant de l'âge et du sexe à la santé mentale, aux antécédents personnels et aux compétences. Une approche individualisée est donc essentielle pour comprendre et traiter les causes profondes de la délinquance, en tenant compte de la singularité de chaque parcours. En effet, les besoins et les défis de chaque personne sont uniques, et nécessitent une réponse adaptée et personnalisée. L'évaluation des facteurs individuels doit être réalisée par des professionnels qualifiés, en utilisant des outils standardisés et validés.
- **Facteurs démographiques :** L'âge est un facteur important, les jeunes adultes (18-25 ans) étant plus susceptibles de récidiver que les personnes plus âgées. Les hommes, en général, présentent également des taux de récidive plus élevés que les femmes (environ 70% contre 30%). L'origine socio-économique, avec un taux de récidive plus élevé pour les personnes issues de milieux défavorisés (environ 65%), est également déterminante.
- **Facteurs psychologiques et psychiatriques :** Les troubles mentaux, tels que les troubles de la personnalité (borderline, antisociale), la toxicomanie (alcool, drogues) et les troubles anxieux ou dépressifs, augmentent considérablement le risque de récidive. L'impulsivité, la faible estime de soi, le manque d'empathie et les difficultés de gestion des émotions sont également des facteurs de risque importants. Il est donc essentiel de traiter ces problèmes de santé mentale de manière précoce et adaptée.
- **Antécédents personnels :** Les traumatismes infantiles (abus physiques, sexuels ou émotionnels), la négligence, la victimisation et l'exposition à la violence familiale peuvent laisser des séquelles profondes et augmenter le risque de comportement délinquant. Ces expériences peuvent influencer les choix et les comportements futurs de l'individu. Un soutien psychologique adapté et une prise en charge thérapeutique sont cruciaux pour ces personnes.
- **Niveau d'éducation et compétences :** Un faible niveau scolaire (moins du baccalauréat) et l'absence de formation professionnelle (environ 45% des détenus) limitent les opportunités d'emploi et augmentent le risque de récidive. Il est donc important de favoriser l'accès à l'éducation et à la formation pour ces personnes. L'acquisition de compétences (lire, écrire, calculer, utiliser un ordinateur) peut ouvrir de nouvelles perspectives et améliorer l'employabilité.
- **Attitudes et croyances :** La justification des actes criminels, le manque de reconnaissance de la gravité des faits, l'absence de remords et la conviction que la récidive est inévitable sont des facteurs de risque importants. Il est essentiel de remettre en question ces attitudes et de promouvoir une prise de conscience des conséquences des actes, ainsi qu'un changement de mentalité. La responsabilisation et l'empathie sont des étapes clés.
Facteurs environnementaux et sociaux (soutien, logement et emploi)
L'environnement social et le contexte de vie jouent un rôle crucial dans la trajectoire d'un individu et peuvent influencer considérablement le risque de récidive. L'absence de soutien social, la fréquentation de milieux délinquants, la précarité de l'emploi, le manque d'accès au logement et les discriminations sont autant de facteurs qui peuvent contribuer à la récidive. Un environnement stable, positif et stimulant est donc essentiel pour favoriser la réinsertion durable des individus. Il est important de noter que plus de 40% des personnes sortant de prison n'ont pas de logement stable.
- **Influence du groupe de pairs :** La fréquentation de milieux délinquants (amis, famille, voisinage) et la pression sociale peuvent inciter à la récidive. Il est donc important de favoriser l'éloignement de ces milieux et la construction de relations positives avec des personnes qui soutiennent la réinsertion. Le soutien de pairs (anciens détenus ayant réussi leur réinsertion) peut également être bénéfique.
- **Soutien social :** L'absence de soutien familial (rupture des liens, conflits, absence de communication) et l'isolement social (absence d'amis, de relations, d'activités sociales) augmentent considérablement le risque de récidive. Il est donc important de renforcer les liens sociaux et de favoriser l'accès à des réseaux de soutien (famille, amis, associations, groupes d'entraide). La famille et les amis peuvent jouer un rôle essentiel de soutien et de motivation.
- **Accès au logement :** L'instabilité résidentielle (déménagements fréquents, hébergement précaire) et le sans-abrisme sont des facteurs de risque importants. Il est donc essentiel de faciliter l'accès à un logement stable, décent et abordable pour les personnes sortant de prison. Un logement sûr est une base essentielle pour la réinsertion et permet de se concentrer sur d'autres aspects de la vie (emploi, formation, santé).
- **Accès à l'emploi :** Le chômage (plus de 60% des personnes sortant de prison sont au chômage) et la précarité de l'emploi (contrats courts, bas salaires) limitent les opportunités de réinsertion et augmentent le risque de récidive. Il est donc important de favoriser l'accès à l'emploi et à la formation professionnelle pour les personnes sortant de prison. Un emploi stable peut redonner un sens à la vie, améliorer l'estime de soi et permettre de subvenir à ses besoins.
- **Discrimination et stigmatisation :** Les difficultés d'intégration sociale liées aux antécédents judiciaires (refus d'emploi, de logement, exclusion sociale) peuvent entraver la réinsertion et augmenter le risque de récidive. Il est donc important de lutter contre la discrimination et la stigmatisation, et de promouvoir l'inclusion sociale des personnes sortant de prison. L'éducation du public et la sensibilisation des employeurs sont essentielles.
Facteurs liés au système judiciaire et pénitentiaire (préparation et suivi)
Le système judiciaire et le milieu carcéral peuvent, paradoxalement, contribuer à la récidive s'ils ne sont pas conçus de manière à favoriser la réhabilitation et la réinsertion. Les effets désocialisants de l'incarcération, le manque de programmes de réhabilitation adaptés, les difficultés de préparation à la sortie de prison et l'absence de suivi post-carcéral sont autant de facteurs qui peuvent entraver la réinsertion. Une approche plus humaine, axée sur la réhabilitation, la responsabilisation et la préparation à la sortie, est donc nécessaire. Il est important de noter que moins de 20% des détenus bénéficient d'un suivi post-carcéral adapté.
- **Effets désocialisants de l'incarcération :** La rupture des liens sociaux, la perte d'emploi, l'acquisition de codes et comportements délinquants et l'isolement peuvent rendre la réinsertion plus difficile. Il est donc important de maintenir les liens sociaux pendant l'incarcération (visites, correspondance, téléphone) et de préparer activement la sortie (bilan de compétences, recherche de logement et d'emploi, constitution d'un réseau de soutien). Le contact avec le monde extérieur est essentiel.
- **Manque de programmes de réhabilitation adaptés :** L'insuffisance de prise en charge des besoins spécifiques des détenus (toxicomanie, troubles mentaux, analphabétisme, etc.) peut entraver la réhabilitation. Il est donc essentiel de proposer des programmes adaptés aux besoins de chaque individu, en tenant compte de leur parcours de vie, de leurs difficultés et de leurs aspirations. La personnalisation des programmes et l'intervention de professionnels qualifiés sont des clés du succès.
- **Difficultés de préparation à la sortie de prison :** L'absence de préparation à la sortie de prison, le manque d'information sur les droits et les devoirs, l'absence d'aide à la recherche de logement et d'emploi et le manque de soutien financier peuvent augmenter le risque de récidive. Il est donc essentiel de préparer activement la sortie de prison, en offrant un accompagnement personnalisé et en mettant en place des dispositifs d'aide à la réinsertion. Un suivi continu est nécessaire pour garantir la réussite de la réinsertion.
Il est important de souligner que seulement 4% des détenus en France bénéficient d'un aménagement de peine avant leur sortie de prison. De plus, on estime que 75% des personnes sortant de prison rencontrent des difficultés pour trouver un emploi dans les six mois suivant leur libération. Enfin, le taux d'illettrisme chez les détenus est d'environ 20%, soit cinq fois plus élevé que dans la population générale.
Stratégies de prévention de la récidive (décrire les meilleures pratiques et les actions concrètes)
La prévention de la récidive repose sur une combinaison de stratégies proactives et réactives, visant à identifier les risques, à traiter les causes profondes de la délinquance, à favoriser la réinsertion sociale et professionnelle et à accompagner les victimes. Ces stratégies doivent être adaptées aux besoins spécifiques de chaque individu, mises en œuvre de manière coordonnée par les différents acteurs concernés (justice, social, santé, éducation, emploi) et évaluées régulièrement pour en mesurer l'efficacité. L'objectif est de créer un environnement favorable à la réinsertion, à la réduction de la criminalité et à la protection de la société.
Interventions précoces (dépistage, prévention et accompagnement)
Les interventions précoces visent à prévenir la délinquance avant même qu'elle ne se produise, en ciblant les jeunes à risque, en mettant en place des programmes de prévention adaptés et en offrant un accompagnement personnalisé. Ces interventions peuvent prendre différentes formes, allant du dépistage des troubles du comportement à l'éducation à la citoyenneté, en passant par la promotion de la santé mentale et le soutien aux familles. L'objectif est de créer un environnement favorable au développement de comportements prosociaux, de réduire les facteurs de risque et d'offrir aux jeunes les outils nécessaires pour faire face aux difficultés de la vie.
- **Prévention primaire :** Les programmes de prévention de la délinquance chez les jeunes, tels que l'éducation à la citoyenneté (apprentissage des droits et des devoirs), la promotion de la santé mentale (gestion du stress, estime de soi) et la lutte contre le harcèlement scolaire (sensibilisation, médiation), visent à créer un environnement favorable au développement de comportements prosociaux. Ces programmes peuvent être mis en œuvre dans les écoles, les centres de loisirs, les associations et les autres structures d'accueil pour les jeunes.
- **Prévention secondaire :** L'identification et la prise en charge des jeunes à risque, à travers des programmes de mentorat (accompagnement par un adulte référent), des interventions psychosociales (thérapies individuelles ou de groupe) et des dispositifs d'aide à la parentalité (soutien aux parents en difficulté), visent à réduire les facteurs de risque (troubles du comportement, difficultés scolaires, problèmes familiaux) et à favoriser la réinsertion. Ces programmes peuvent être mis en œuvre par des professionnels de la santé mentale, des travailleurs sociaux, des éducateurs spécialisés et des bénévoles formés.
Programmes de réhabilitation en milieu carcéral (formation, thérapie et soutien)
Les programmes de réhabilitation en milieu carcéral visent à préparer les détenus à leur sortie de prison et à réduire le risque de récidive, en leur offrant une formation professionnelle, un suivi psychologique et un accompagnement social. Ces programmes doivent être adaptés aux besoins spécifiques de chaque individu, en tenant compte de leur parcours de vie, de leurs difficultés et de leurs aspirations. L'objectif est de traiter les causes profondes de la délinquance, de favoriser l'acquisition de compétences nécessaires à la réinsertion et de permettre aux détenus de se projeter dans un avenir meilleur.
- **Évaluation des besoins et des risques :** L'utilisation d'outils d'évaluation standardisés (échelles, questionnaires, entretiens) permet d'identifier les facteurs de risque (troubles mentaux, toxicomanie, manque de compétences) et les besoins spécifiques de chaque détenu (formation, logement, emploi, santé). Cette évaluation est essentielle pour adapter les programmes de réhabilitation aux besoins de chaque individu et pour suivre les progrès réalisés.
- **Programmes cognitivo-comportementaux :** La thérapie visant à modifier les pensées et les comportements à risque (gestion de la colère, prévention des rechutes, développement de l'empathie) est un élément clé de la réhabilitation. Ces programmes permettent aux détenus de développer des stratégies pour faire face aux situations à risque, éviter la récidive et adopter des comportements plus adaptés.
- **Programmes de formation professionnelle :** L'acquisition de compétences professionnelles (métiers manuels, informatique, langues) facilite la réinsertion sur le marché du travail, réduit le risque de chômage et de précarité et améliore l'estime de soi. Ces programmes permettent aux détenus d'acquérir des compétences recherchées par les employeurs et d'obtenir des certifications reconnues.
- **Soutien psychologique et social :** L'accompagnement des détenus dans la gestion de leurs difficultés personnelles et sociales (problèmes familiaux, addictions, traumatismes) est essentiel pour favoriser la réinsertion. Ce soutien peut inclure des thérapies individuelles ou de groupe, des conseils en matière de logement et d'emploi, et un soutien aux familles.
Par exemple, le programme de réhabilitation "Second Chance" en France propose une formation professionnelle, un suivi psychologique et un accompagnement social aux détenus. Ce programme a montré des résultats prometteurs en termes de réduction de la récidive. Un autre exemple est le programme "Cognitive Skills Training" utilisé dans de nombreuses prisons aux États-Unis, qui vise à améliorer les compétences cognitives des détenus et à réduire leur impulsivité. On estime qu'environ 35% des détenus participant à des programmes de réhabilitation ne récidivent pas dans les cinq ans suivant leur libération.
Accompagnement à la sortie de prison (suivi, logement et emploi)
L'accompagnement à la sortie de prison est une étape cruciale pour favoriser la réinsertion et réduire le risque de récidive. Cet accompagnement peut inclure une préparation à la libération, un suivi post-carcéral, des alternatives à l'incarcération et un soutien aux familles. L'objectif est de faciliter la transition vers la vie en société, de fournir un soutien continu aux personnes sortant de prison et de les aider à surmonter les difficultés qu'elles peuvent rencontrer (logement, emploi, santé, relations sociales).
- **Préparation à la libération :** L'information sur les droits et les devoirs, l'aide à la recherche de logement et d'emploi, la constitution d'un réseau de soutien et la planification des premières semaines de liberté sont essentiels pour préparer la sortie de prison. Cette préparation permet aux détenus d'anticiper les difficultés, de se préparer à faire face aux défis de la vie en société et de se sentir soutenus.
- **Suivi post-carcéral :** L'accompagnement psychosocial, l'aide à la gestion des addictions, le soutien à la réinsertion professionnelle et le suivi médical permettent de maintenir le cap, d'éviter la rechute et de favoriser la réinsertion durable. Ce suivi peut être assuré par des travailleurs sociaux, des psychologues, des éducateurs spécialisés, des médecins et des bénévoles.
- **Alternatives à l'incarcération :** Le travail d'intérêt général (TIG), la surveillance électronique (bracelet), la semi-liberté et le placement à l'extérieur permettent de réduire le recours à l'incarcération, de favoriser la réinsertion et de maintenir les liens sociaux. Ces alternatives permettent aux personnes ayant commis des infractions de rester en contact avec leur famille et leur communauté, tout en étant soumises à un contrôle et à un suivi.
Rôle de la société civile (associations, entreprises et citoyens)
La société civile joue un rôle essentiel dans la prévention de la récidive, en offrant un soutien aux victimes, en accompagnant les personnes sortant de prison, en sensibilisant le public et en promouvant l'inclusion sociale. Les associations d'aide aux victimes, les associations d'aide à la réinsertion, les entreprises qui embauchent des personnes sortant de prison, les citoyens qui s'engagent comme bénévoles et les médias qui véhiculent une image positive de la réinsertion contribuent à créer un environnement plus inclusif et à réduire la stigmatisation. L'engagement de tous est nécessaire pour favoriser la réinsertion et réduire la criminalité.
- **Associations d'aide aux victimes :** Le soutien psychologique et juridique aux victimes d'infractions est essentiel pour les aider à surmonter les traumatismes, à se reconstruire et à faire valoir leurs droits. Ces associations offrent un espace d'écoute, de soutien, de conseil et d'orientation, ainsi qu'une assistance juridique pour les victimes et leurs familles.
- **Associations d'aide à la réinsertion :** L'accompagnement des personnes sortant de prison, l'hébergement d'urgence, l'aide à la recherche d'emploi, la formation professionnelle et le soutien social sont des éléments clés de la réinsertion. Ces associations offrent un soutien pratique et moral aux personnes sortant de prison, les aidant à trouver un logement, un emploi, à se former et à reconstruire leur vie.
- **Sensibilisation du public :** La lutte contre la stigmatisation des personnes ayant commis des infractions, la promotion de l'inclusion sociale et la sensibilisation aux enjeux de la réinsertion sont essentielles pour favoriser l'acceptation et le soutien des personnes sortant de prison. La sensibilisation du public permet de changer les mentalités, de lutter contre les préjugés et de créer un environnement plus accueillant.
En France, l'association Genepi intervient en milieu carcéral pour sensibiliser les étudiants aux réalités de la prison. Aux États-Unis, le programme "Defy Ventures" offre une formation entrepreneuriale aux personnes incarcérées, les aidant à développer des compétences et à créer leur propre entreprise après leur libération. Le taux de récidive des personnes ayant participé à ce programme est inférieur de 60% à celui de la population carcérale générale. Les entreprises qui embauchent des personnes sortant de prison bénéficient souvent d'aides financières et de réductions de charges.
Défis et perspectives (aborder les obstacles, les solutions et les innovations)
Malgré les progrès réalisés dans le domaine de la prévention de la récidive, de nombreux défis persistent. Le manque de ressources, la stigmatisation, la complexité des problématiques rencontrées, la difficulté d'évaluer l'efficacité des programmes et le manque de coordination entre les acteurs entravent la mise en œuvre de stratégies efficaces et durables. Il est donc essentiel de poursuivre les efforts, d'innover, de mutualiser les ressources, d'améliorer la coordination et d'évaluer rigoureusement les interventions. Une approche collaborative, axée sur les résultats et fondée sur des données probantes, est nécessaire pour surmonter ces obstacles et améliorer la prévention de la récidive.
Défis (obstacles, manques et complexités)
- **Manque de ressources :** L'insuffisance de moyens financiers (budget limité), humains (personnel qualifié) et matériels (locaux, équipements) pour la mise en œuvre des programmes de prévention et de réhabilitation limite l'impact des interventions. Il est donc essentiel d'investir davantage dans ces programmes, en allouant des ressources suffisantes et en optimisant leur utilisation. Le coût de la récidive est bien supérieur au coût de la prévention.
- **Stigmatisation et discrimination :** Les difficultés d'accès à l'emploi, au logement, à la formation, aux soins et aux services sociaux pour les personnes ayant commis des infractions, en raison de la stigmatisation et de la discrimination, entravent leur réinsertion. Il est donc important de lutter contre la stigmatisation et la discrimination, en sensibilisant le public, en informant les employeurs et en garantissant l'accès aux droits pour tous. L'inclusion sociale est un facteur clé de succès.
- **Complexité des problématiques :** La nécessité d'une approche individualisée, pluridisciplinaire et intégrée pour répondre aux besoins spécifiques de chaque personne représente un défi important. Il est donc essentiel de mettre en place des équipes pluridisciplinaires (justice, social, santé, éducation, emploi), de coordonner les interventions et de proposer des programmes adaptés aux besoins de chaque individu.
- **Mesure de l'efficacité des programmes :** La difficulté d'évaluer l'impact des interventions sur la réduction de la récidive rend difficile l'identification des stratégies les plus efficaces. Il est donc essentiel de développer des outils d'évaluation rigoureux (indicateurs, études de suivi), de collecter des données fiables et de mener des recherches scientifiques pour évaluer l'efficacité des programmes et identifier les facteurs de succès.
Par exemple, en France, le budget alloué à la réinsertion des détenus représente moins de 1% du budget de l'administration pénitentiaire. De plus, on estime que 70% des employeurs hésitent à embaucher une personne ayant des antécédents judiciaires. Le taux de participation aux programmes de réhabilitation en milieu carcéral est d'environ 40%.
Perspectives (solutions, innovations et recommandations)
- **Renforcement de la recherche :** Le développement d'études scientifiques rigoureuses, utilisant des méthodes d'évaluation innovantes et des données longitudinales, pour identifier les stratégies les plus efficaces de prévention de la récidive, est essentiel. Ces études permettent d'identifier les interventions qui fonctionnent, les facteurs de succès et les populations qui en bénéficient le plus. La recherche est un moteur de progrès et permet d'orienter les politiques publiques.
- **Développement de programmes innovants :** L'expérimentation de nouvelles approches, s'inspirant des meilleures pratiques internationales, utilisant les technologies numériques et intégrant les apports des sciences cognitives, permet d'améliorer les interventions et de répondre aux besoins spécifiques des personnes sortant de prison. L'innovation est essentielle pour faire face aux défis complexes et pour proposer des solutions adaptées aux réalités du terrain.
- **Formation des professionnels :** L'amélioration de la formation initiale et continue des professionnels de la justice, du social, de la santé, de l'éducation et de l'emploi, en matière de prévention de la récidive, est essentielle pour garantir la qualité des interventions. Une formation continue et adaptée aux évolutions des connaissances permet aux professionnels de développer des compétences spécifiques et d'adopter des pratiques fondées sur des données probantes.
- **Mobilisation de la société civile :** L'encouragement de l'engagement des citoyens, des entreprises, des associations, des médias et des collectivités territoriales dans la réinsertion des personnes ayant commis des infractions permet de créer un environnement plus inclusif, de réduire la stigmatisation et de favoriser la réinsertion durable. L'engagement de tous est nécessaire pour construire une société plus juste et plus sûre.
L'utilisation de l'intelligence artificielle pour prédire les risques de récidive, avec des précautions éthiques nécessaires, pourrait permettre de cibler les interventions et de personnaliser les programmes de réhabilitation. De même, les apports des neurosciences pourraient permettre de mieux comprendre les mécanismes cérébraux impliqués dans la délinquance et de développer des thérapies plus efficaces. Les recommandations des experts sont de renforcer la coordination entre les services, d'investir dans les programmes de réhabilitation en milieu carcéral et de favoriser l'accès à l'emploi et au logement pour les personnes sortant de prison.
Les taux de récidive varient considérablement selon les pays. Par exemple, en Norvège, le taux de récidive est d'environ 20% dans les deux ans suivant la libération, tandis qu'aux États-Unis, il est d'environ 68% dans les trois ans. Ces différences soulignent l'importance des politiques et des programmes de réhabilitation mis en œuvre dans chaque pays. La France se situe dans une position intermédiaire, avec un taux de récidive d'environ 40% dans les cinq ans suivant la libération.
Il est donc impératif d'agir, de mettre en œuvre des stratégies efficaces, de mobiliser les ressources et de sensibiliser le public. L'investissement dans la réinsertion n'est pas seulement une question de coût, mais avant tout une question de société. Il est important de considérer la prévention de la récidive comme un investissement à long terme pour une société plus juste, plus sûre, plus inclusive et plus respectueuse des droits de l'homme. La réinsertion est un défi collectif qui nécessite l'engagement de tous.